Bibliographie de Mère

Bibliographie de Sri Aurobindo

La bibliographie de Sri Aurobindo est aussi consultable ici : https://www.aurobindo.ru/workings/index_f.htm.

  • Arya, 1989
  • L’inde et la Renaissance de la Terre : Extraits des œuvres, conversations et discours de Sri Aurobindo
  • Le Secret du Véda : Sri Aurobindo Ashram, 2005
  • Le Guide du yoga, éd. Albin Michel (2007)
  • La Vie divine, (4 volumes), éd. Albin Michel (1973)
  • Métaphysique et Psychologie, éd. Albin Michel (1988)
  • La Pratique du yoga intégral, éd. Albin Michel (1987)
  • De la Grèce à l’Inde, éd. Albin Michel (1976)
  • Trois Upanishads (Ishâ, Kena, Mundaka), éd. Albin Michel (1972)
  • La Bhagavad Gitâ, éd. Albin Michel (1970)
  • L’Idéal de l’unité humaine, éd. Buchet/Chastel
  • Lettres sur le yoga, 6 tomes, éd. Buchet/Chastel
  • La Synthèse des Yoga – Tome 1 : Le Yoga des œuvres, éd. Buchet/Chastel
  • La Synthèse des Yoga – Tome 2 : Le Yoga de la connaissance intégrale, le Yoga de l’amour divin, éd. Buchet/Chastel
  • La Synthèse des Yoga – Tome 3 : Le Yoga de la perfection de Soi, éd. Buchet/Chastel Pensées et aphorismes, 2 tomes, éd. Buchet Chastel
  • Le Cycle humain éd. Buchet/Chastel
  • La manifestation supramentale sur la terre, éd. Buchet/Chastel
  • L’Idéal de l’unité humaine, éd. Buchet/Chastel
  • Savitri (poème mystique et épique en plusieurs chants)
  • Conversations avec Pavitra
  • Jours de prison, 1975, Éditions Sri Aurobindo Ashram, Pondichéry.

Un rêve

Le texte suivant a été écrit par Mère en 1954. Il était destiné à l’Ashram qu’elle percevait comme un terrain d’essai pour mettre en œuvre cette vision. En 1965, la Mère décida de lancer le projet d’Auroville qui a aussi pour but de réaliser ce ” Rêve “

Un Rêve: Il devrait y avoir quelque part sur la terre un lieu dont aucune nation n’aurait le droit de dire : il est à moi ; où tout homme de bonne volonté ayant une aspiration sincère pourrait vivre librement comme un citoyen du monde, et n’obéir qu’à une seule autorité, celle de la suprême vérité ; un lieu de paix, de concorde, d’harmonie, où tous les instincts guerriers de l’homme seraient utilisés exclusivement pour vaincre les causes de ses souffrances et de ses misères, pour surmonter ses faiblesses et ses ignorances, pour triompher de ses limitations et de ses incapacités ; un lieu où les besoins de l’esprit et le souci du progrès primeraient la satisfaction des désirs et des passions, la recherche des plaisirs et de la jouissance matérielle.

Dans cet endroit, les enfants pourraient croître et se développer intégralement sans perdre le contact avec leur âme; l’instruction serait donnée, non en vue de passer des examens ou d’obtenir des certificats et des postes, mais pour enrichir les facultés existantes et en faire naître de nouvelles. Dans ce lieu, les titres et les situations seraient remplacés par des occasions de servir et d’organiser ; il y serait pourvu aux besoins du corps également pour tous, et la supériorité intellectuelle, morale et spirituelle se traduirait dans l’organisation générale, non par une augmentation des plaisirs et des pouvoirs de la vie, mais par un accroissement des devoirs et des responsabilités. La beauté sous toutes ses formes artistiques: peinture, sculpture, musique, littérature, serait accessible à tous également, la faculté de participer aux joies qu’elle donne étant limitée uniquement par la capacité de chacun et non par la position sociale ou financière.

Car dans ce lieu idéal, l’argent ne serait plus le souverain seigneur ; la valeur individuelle aurait une importance très supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail n’y serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de s’exprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à l’ensemble du groupe qui, de son côté, pourvoirait aux besoins de l’existence et au cadre d’action de chacun.

En résumé, ce serait un endroit où les relations entre êtres humains, qui sont d’ordinaire presque exclusivement basées sur la concurrence et la lutte, seraient remplacées par des relations d’émulation pour bien faire, de collaboration et de réelle fraternité.

La terre n’est pas prête pour réaliser un semblable idéal, parce que l’humanité ne possède pas encore la connaissance suffisante pour le comprendre et l’adopter, ni la force consciente indispensable à son exécution ; et c’est pourquoi je l’appelle un rêve.

Pourtant, ce rêve est en voie de devenir une réalité; et c’est à cela que nous nous efforçons à l’Ashram de Sri Aurobindo, sur une toute petite échelle à la mesure de nos moyens réduits. La réalisation est certes loin d’être parfaite, mais elle est progressive ; et petit à petit, nous nous avançons vers notre but qui, nous l’espérons, pourra un jour être présenté au monde comme un moyen pratique et efficace de sortir du chaos actuel, pour naître à une vie nouvelle harmonieuse et plus vraie.

La grande aventure

Texte dit par Mère en 1965

Quand la substance physique sera supramentalisée, s’incarner sur la Terre ne sera plus une cause d’infériorité, bien au contraire. On y gagnera une plénitude que l’on ne peut obtenir autrement.

Mais tout cela c’est l’avenir; c’est un avenir… qui a commencé, mais qui prendra un certain temps pour se réaliser intégralement. En attendant, nous sommes dans une situation très spéciale, qui n’a pas eu de précédent. Nous assistons à la naissance d’un monde nouveau, tout jeune, tout faible — non pas dans son essence, mais dans la manifestation extérieure — , pas encore reconnue, même pas senti, nié par la plupart. Mais il est là. Il est là, faisant effort pour grandir, tout à fait sûr du résultat. Mais le chemin pour y arriver est un chemin tout nouveau qui n’a jamais été tracé auparavant — personne n’est allé là, personne n’a fait ça ! C’est un début, un début universel. C’est par conséquent une aventure absolument inattendue et imprévisible. Il y a des gens qui aiment l’aventure. C’est à eux que je fais appel, et je leur dis ceci : “Je vous convie à la grande aventure.”

Il ne s’agit de refaire spirituellement ce que les autres ont fait avant nous, parce que notre aventure commence par-delà. Il s’agit d’une création nouvelle, entièrement nouvelle, avec tout ce qu’elle comporte d’imprévu, de risques, d’aléas — une vraie aventure, dont le but est une victoire certaine, mais dont la route est inconnue et doit être tracée pas à pas dans l’inexploré. Quelque chose qui n’a jamais été dans cet univers présent et qui ne sera plus jamais de la même manière. Si cela vous intéresse… eh bien, on s’embarque. ce qui vous arrivera, je n’en sais rien.

Il faut laisser de côté tout ce que l’on a prévu, tout ce que l’on a combiné, tout ce que l’on a bâti, et puis… se mettre en marche dans l’inconnu. Et advienne que pourra ! Voilà. 

Auroville, la ville dont la terre à besoin

La terre à besoin d’un endroit où les hommes puissent vivre à l’abri de toutes les rivalités nationales, de toutes les conventions sociales, de toutes les moralités contradictoires et de toutes les religions antagonistes; un endroit où, libérés de tous ces esclavages du passé, les êtres humains pourront se consacrer totalement à la découverte et à la mise en pratique de la Conscience Divine qui veut se manifester. Auroville veut être cet endroit et s’offre à tous ceux qui aspirent à vivre la vérité de demain.
20.09.1969

Auroville

Enfin un endroit où l’on pourra ne penser qu’à l’avenir.
Enfin un endroit où l’on pourra ne penser qu’à progresser et à se surmonter soi-même.
Enfin un endroit où l’on pourra vivre en paix, sans conflits et sans rivalités des nations, de religions et d’ambitions.
Enfin un endroit où rien n’aura le droit de s’imposer comme vérité exclusive.
01.1967, 02.1968

La raison d’être d’Auroville est de hâter l’avènement de la réalité supramentale sur la terre.
L’aide, de tous ceux qui trouvent que le monde n’est pas comme il devrait être, est la bienvenue.
Chacun doit savoir s’il veut s’associer à un vieux monde prêt à mourrir, ou travailler pour un monde nouveau et meilleur qui se prépare à naître.
01.02.1972

Auroville veut être une cité universelle où hommes et femmes de tous pays puissent vivre en paix et en harmonie progressive au-dessus de toute croyance, de toute politique et de toute nationalité.
Le but d’Auroville est de réaliser l’Unité Humaine.
08.09.1965

Auroville doit être au service de la Vérité, par-delà toutes les convictions sociales, politiques et religieuses.
Auroville est l’effort vers la paix, dans la sincérité et la Vérité.
Auroville est un effort vers la Paix mondiale, l’Amitié, la Fraternité, l’Unité.
20.09.1966

Auroville veut être la première réalisation de l’unité humaine basée sur l’enseignement de Sri Aurobindo, où les hommes de tous pays pourront se sentir chez eux.
01.1972

 

Auroville, la cité au service de la Vérité

Tous ces textes sont tirés du livre:  “Mère parle d’Auroville”

On étouffe … un message de Mère

” Pas de lois ou règle. Les choses seront formulées à mesure que la Vérité de la ville émergera et progressivement prendra forme. Il ne faut pas anticiper. “

Ce que je veux dire, c’est que d’habitude – toujours jusqu’à présent, et de plus en plus -les hommes établissent des règles mentales selon leurs conceptions et leur idéal, et puis ils les appliquent (Mère baisse son poing comme pour montrer le monde sous la poigne mentale), et cela, c’est absolument faux, c’est arbitraire, c’est irréel, et le résultat, c’est que les choses se révoltent ou dépérissent et disparaissent. C’est l’expérience de la vie elle-même qui doit lentement élaborer des règles souples et aussi vastes que possible!-de façon qu’elles soient toujours progressives. Rien ne doit être fixe. Ça c’est l’immense erreur: on fait un cadre, on dit voilà, nous établissons ca et nous devons vivre là-dessous, et alors naturellement on écrase la Vie et on l’empêche de progresser. Il faut que ce soit la Vie elle-même, se développant de plus en plus dans une progression vers la Lumière, la Connaissance, le Pouvoir, qui petit à petit doit établir des règles aussi générales que possible de façon qu’elles soient extrêmement souples et qu’elles puissent se changer avec le besoin, et aussi rapidement que changent les habitudes et les besoins.

Au fond, le problème se réduit presque à ceci: remplacer le gouvernement mental de l’intelligence par le gouvernement d’une conscience spiritualisée.

AGENDA DE MÈRE, 30 décembre 1967

Les agendas de Mère

Recueilli par Satprem, un disciple de Mère, au cours de nombreuses conversations personnelles avec elle, l’Agenda de Mère est le journal de bord complet de son exploration de la conscience cellulaire dans le corps humain. Il couvre 23 années des expériences de Mère qui sont parallèles à certaines des théories les plus récentes de la physique moderne, et sont peut-être la clé du passage de l’humanité vers l’espèce suivante.

Ils sont consultables et téléchargeables en français à cette adresse : https://agendamother.wordpress.com/agenda-de-mere/

Discours de Kireet sur l’éducation en Inde le 28/04/2000 (Cassette No 6)

Mère m’a dit ce que je vais vous dire. Mère a dit que la langue anglaise a apporté le mercantilisme en Inde, ce qui n’est pas dans le génie de l’Inde. Le génie de l’Inde réside principalement dans l’amour spontané de la sagesse. Ce qui est le plus apprécié en Inde, c’est la sagesse. Sri Aurobindo lui-même a écrit à ce sujet que celui qui recherche le savoir est grandement apprécié. C’est une tradition fondamentale en Inde, dans ce pays où cette tendance était déjà là, bien que très affaiblie par les Musulmans, mais toujours présente, pas totalement effacée. Elle a été détruite par les Britanniques lorsqu’ils apportèrent la langue anglaise en Inde. Lisez E. Blyton pour comprendre le sujet. Je ne sais pas si vous avez jamais lu des livres de E. Blyton  si tu laves la vaisselle, je te donne 1 shilling  il y a beaucoup d’histoires de ce genre  si tu cueilles les fruits et si tu les rapportes à la maison, je te donne 6 pences  des choses de ce genre. C’est ce que j’appelle lier le travail à l’argent, la conscience au commerce, la conscience au mercantilisme. L’honnêteté est la meilleure politique pour les Britanniques, pourquoi ? Parce que cela paie ! Si vous êtes quelqu’un d’honnête, les gens vous feront confiance et donc viendront plus nombreux acheter chez vous. Et ainsi vous vous enrichirez ! C’est pourquoi l’honnêteté est la meilleure politique, non parce que l’honnêteté est en elle-même intrinsèquement bonne mais parce que l’honnêteté paie, donc soyez honnête ! Vous verrez que toute la littérature, à l’exception de la poésie, tout dans la littérature des Britanniques nous rabaisse à cette attitude. Ainsi, lorsque cette langue a été imposée en Inde, elle a développé une sorte de mercantilisme. Je vous donne un exemple : nous avions noté, après en avoir parlé à Mère, toutes les questions et les réponses sur l’Inde, concernant les problèmes de l’Inde, et comment ces problèmes pouvaient être résolus à la lumière de Sri Aurobindo. Le sujet devait être traité. Deux ou trois d’entre nous avons rédigé un projet sur les “Questions et Réponses”, j’ai eu le privilège de lire à Mère toutes les réponses, Mère en a corrigé certaines et finalement tout le projet a été approuvé par Mère, nous avons souhaité alors l’imprimer. Je suis plutôt Indien, je vais vous dire pourquoi. J’ai proposé, et dit : “ C’est un tel trésor, des millions de copies devraient être imprimées et distribuées gratuitement dans tout le pays”. L’un des messieurs d’un certain âge, bien versé dans la langue anglaise me dit : “Non, si vous le distribuez gratuitement personne ne le lira” On ne le lira que si l’on a payé, c’est parce qu’on a payé qu’on le lira, voilà comment j’ai compris à quel point la langue anglaise a déformé la mentalité indienne. Quant à moi, je lis à fond tout ce qui vient à moi, la question de savoir si j’ai payé ou pas ne se pose même pas. Si vous allez dans les villes et les villages et si vous faites des distributions gratuites, les gens liront très sérieusement, la question de payer ou pas ne se pose même pas. Ce n’est pas une attitude indienne, mais depuis maintenant 150 ans, cette attitude s’est fortement installée dans ce pays.

Quand Mère dit que le mercantilisme anglais s’est imposé en Inde, que le génie de l’Inde a été détruit, et si en conséquence nous voulons changer cela, comment faire ? Bien sûr, le sanskrit est la réponse à cette question ; si le sanskrit se propage dans le pays  car le génie de l’Inde s’exprime très bien en sanskrit  si vous répandez le sanskrit, ce sera la réponse. J’ai posé la question à Mère qui a répondu que le français pourrait changer cette attitude, que si on répandait le français cela changerait le pays. Ainsi, je reviens sur ce point très souvent, pourquoi Mère a-t-elle dit de diffuser le français en Inde ? Quand j’examine le problème en entrant en contact avec beaucoup de gens et que je leur dis : “Apprenez le sanskrit”, ils me répondent : “Je n’en ai pas envie” mais si je dis le français, je ressens une grande attraction en Inde. Ce qui veut dire que l’esprit indien en est arrivé à apprécier quelque chose venant de l’étranger. Quand je dis “Apprenez le sanskrit” je ne sens aucun enthousiasme, quand je dis “Apprenez le français” les gens montrent beaucoup d’enthousiasme, “Oui, c’est une bonne idée”.

Mère m’a dit que le génie français possédait la clarté et l’aristocratie intellectuelles qui s’harmonisent bien avec le génie indien. C’est pourquoi, si vous voulez sauver le génie indien du mercantilisme présent auquel il s’est laissé aller, vous avez besoin d’un soutien en quelque sorte, et ce soutien se trouve dans ce que les gens accepteront le plus facilement. Ainsi, le français est la langue qui se rapproche le plus du sanskrit dans les sons, car Mère a bien dit que le français a les mêmes sons originaux, initiaux que le sanskrit. Voilà où j’en suis de ma réflexion à ce sujet. Si le français peut être diffusé en Inde de façon massive, cela fera un bien énorme à l’Inde. Le mercantilisme y sera combattu d’une manière efficace, voilà ce que je crois.